La mesure des émissions à la cheminée, toujours nécessaire?

publié le 22 déc. 2011 à 13:42 par Denis Dionne
Pour une demande de permis ou pour fournir l’information requise par différents programmes de suivi, il est nécessaire d’effectuer une évaluation des taux d’émissions d’une installation. Le premier réflexe est habituellement d’assumer qu’une mesure en cheminée est à effectuer. Cependant, la mesure de multiples sources à plusieurs conditions d’opération et pour tous les contaminants peut s’avérer logistiquement difficile et surtout très couteuse.

L’estimation théorique des émissions par l’utilisation de facteurs d’émissions ou de données d’installations comparables peut permettre une évaluation assez fiable si bien faite et peut servir à identifier les sources, conditions et contaminants qui méritent effectivement une mesure (ou une action de réduction / mitigation).
mesures en cheminée ou et estimation théorique des émissions de contaminants


Malgré que l’approche théorique n’est pas toujours acceptée tel quel par les intervenants (MDDEP pour les certificats d’autorisations au Québec ou autres
programmes/entités), elle est habituellement une base reconnue pour l’évaluation préliminaire du risque, pour orienter le détail du suivi, pour la conception ou si l’estimation est bien montée et fondée sur des facteurs d’émissions ou calculs fiables, comme une estimation avec un niveau de confiance suffisamment élevée pour permettre son utilisation sans même effectuer de mesures. En fait, la mesure en cheminée ou en air ambiant n’est également pas parfaite comme méthode (limité dans le nombre d’échantillons, de localisations, de précision, etc.) et certains aspects peuvent même être négligés (par exemple : les pertes fugitives).

L’approche exige la compilation des informations de production, des procédés, des formulations de produits, des phénomènes de transformation, des approches théoriques modélisant le procédé, des efficacités de captage / destruction et des variabilités. L’approche est habituellement faite de façon conservatrice (pires taux d’émission) mais peut également inclure une comparaison aux taux moyens.

L’estimation théorique des émissions peut donc s’avérer un outil intéressant et/ou complémentaire dans l’arsenal du gestionnaire de site pour la gestion de la qualité de l’air.
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